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Catherine Il suffit d'un Amour Tome 2 - Бенцони Жюльетта - Страница 80
Derriere elle, les capitaines marchaient toujours en bon ordre, patients et souriants pour une fois. Un seul montrait une mine sombre et chevauchait distraitement, les yeux sur les oreilles de son cheval. Catherine, le c?ur battant, le sang aux joues, reconnut Arnaud. Jamais encore elle ne lui avait vu ce visage altere, cette attitude accablee. Il avait l'air d'un vaincu traine au char du vainqueur et Catherine se demanda s'il savait que Jehanne l'avait arrachee a la mort. Cette mine lugubre qu'il affichait, venait- elle du fait qu'il la savait vivante ou bien le remords faisait-il deja son effet ? Les souvenirs de la nuit precedente devaient le tourmenter comme autant de reproches et la jeune femme se prit a sourire. C'etait tellement bon de se sentir vivante, jeune, libre... libre surtout de reprendre l'etrange bataille qui, depuis si longtemps, l'opposait au capitaine de Montsalvy.
— Je ne te laisserai ni treve ni repos, murmura- t-elle entre ses dents quand le chevalier passa sous sa fenetre sans la voir. Un desir intense de revanche, de vengeance la possedait. La vue d'Arnaud lui avait produit un etrange effet. Il etait, a la fois, tout ce qu'elle aimait et tout ce qu'elle detestait, cet homme qui si froidement, sans la moindre hesitation, l'avait envoyee a la mort et qui, cependant, avait delire de passion entre ses bras.
Son air morne, la tristesse repandue sur ses traits avaient souleve chez Catherine une vague de joie mauvaise. Il etait temps qu'a son tour il apprit ce qu'etait la souffrance et aussi que l'orgueil ne resolvait pas tout, ne protegeait pas de tout.
Quand ils furent tous entres et que la maison s'emplit de bruit comme une coquille creuse, Catherine alla s'etendre sur son lit, un lit si doux qu'elle faillit en pleurer de joie. A refaire ainsi l'apprentissage de la vie, sa colere envers Arnaud s'en trouvait gonflee, son inquietude aussi. Ce soir, ou demain, ils se retrouveraient face a face et la jeune femme ne se dissimulait pas qu'elle craignait cette minute plus que tout. Comment reagirait-il quand il la reverrait, quand il serait bien sur qu'elle etait toujours vivante ? Arnaud, pour Catherine, representait une insoluble enigme. Par deux fois elle s'etait abandonnee a lui, si eprise et si consentante qu'il n'avait pu s'y tromper.
Pourquoi, des lors, cette haine dont il la poursuivait au point de l'avoir livree a la torture, jetee au bourreau ? Il avait peur d'elle, voila qui etait sur, peur du desir irrepressible qu'elle eveillait en lui et, parce qu'il croyait au malefice de cette attirance, il avait essaye de s'en debarrasser par le plus brutal des moyens.
Loyalement, Catherine essaya de se mettre a la place du jeune homme.
Lorsqu'il l'avait rencontree, sur la route de Flandres, il n'avait meme pas cherche a lutter contre l'attrait violent qu'elle exercait sur lui. Il ne s'etait pas pose de questions et, simplement parce qu'elle etait belle et qu'il en avait envie, il l'avait prise dans ses bras, il avait voulu la faire sienne sans chercher a en savoir davantage. Mais, de cette minute, ou l'amour a l'etat pur les avait jetes l'un vers l'autre, le sort avait paru prendre un malin plaisir a les separer. Pourquoi avait-il fallu que, de la mort de son frere, il n'eut retenu que le nom de Legoix ? Des Legoix, il y en avait beaucoup a Paris et un seul, le cousin Thomas, avait manie le couperet qui avait tranche la vie de Michel. S'il avait ete si bien renseigne, comment Arnaud n'avait-il pas appris le role qu'avait joue une petite fille de Paris ? Personne n'avait donc parle devant lui de cet orfevre pendu pour avoir donne asile a son frere, de l'enfant eperdue qui, opposant ses mains nues a la fureur populaire, avait implore qu'on epargnat le jeune homme ? Arnaud englobait Catherine dans tous les Legoix de la terre, sans meme chercher a savoir qui etait coupable et qui etait innocent.
Pourtant, a mesure que les pensees de la jeune femme allaient leur chemin, elle decouvrait au fond de sa conscience des raisons de l'excuser. Tout compte fait, quelles raisons Arnaud pouvait-il avoir de lui faire confiance ?
Elle portait un nom dont il s'etait jure de tirer vengeance et, pourtant, quand il l'avait retrouvee, sous les murs d'Arras, emporte par l'amour qu'elle lui inspirait, il avait oublie sa legitime vengeance.
Que s'etait-il passe alors ? On les avait arraches l'un a l'autre et, au mepris des lois memes de la chevalerie, Arnaud avait ete jete en prison. Il n'en etait sorti que pour trouver Catherine installee dans le lit meme du duc Philippe, et si meme il avait cru que la jeune femme avait plaide pour sa liberation, cela n'avait du lui causer aucun plaisir. Enfin, lorsqu'aux murailles d'Orleans, il avait vu venir a lui cette Catherine en haillons, a demi morte, comment aurait- il pu deviner qu'elle venait d'endurer pour le rejoindre un martyre de plusieurs jours ? Pour cet homme, enferme depuis six mois dans une ville assiegee, reduite a la famine, tout ce qui venait de Bourgogne ne pouvait etre que dangereux, et, comme tel, a supprimer...
A mesure que le temps s'ecoulait, les pensees de Catherine suivaient une courbe toujours plus favorable a Arnaud. Elle le comprenait maintenant.
Mieux, elle excusait la haine implacable dont il la poursuivait. Peut-etre qu'a sa place, elle en eut fait tout autant... Et peut-etre que le mieux serait pour Catherine, elle-meme, d'abandonner. Elle se rendait compte qu'elle avait reve, et seulement reve, un avenir qui aurait pu l'unir a Arnaud de Montsalvy. Il y avait entre eux trop de choses, trop d'amertume et trop d'obstacles. Jamais il ne pourrait croire a l'amour sincere d'une femme dont il avait une telle mefiance. Une profonde lassitude se glissait en elle, pesante et dissolvante...
Ayant perdu l'habitude de se devetir pour dormir, elle commencait a sombrer dans le sommeil quand dame Mathilde reparut tout agitee.
— Croiriez-vous que Jehanne refuse le festin que nous lui avons prepare ?
s'ecria-t-elle. Les capitaines et Monseigneur Jean y font grand honneur mais, pour elle, il a fallu lui servir seulement quelques tranches de pain qu'elle a trempees dans un peu de vin coupe d'eau. En voila un regime ! Son chapelain, frere Jean Pasquerel, m'a dit qu'elle ne mangeait a peu pres rien d'autre.
Le ton de l'excellente femme etait si desole que Catherine se mit a rire. Il y avait longtemps qu'elle n'avait ri de si bon c?ur et ce simple plaisir oublie chassa un peu ses idees noires.
— Ni vous ni moi ne savons rien des envoyes de Dieu et de leurs habitudes, dame Mathilde, fit-elle doucement. C'est toute une etude a faire...
Peu convaincue, Mathilde Boucher hocha gravement sa tete imposante surmontee d'une vaste coiffure en cornes doubles.
— Croyez-vous vraiment qu'elle soit seulement fille des champs comme on le dit ? Avez-vous vu comme elle se tient a cheval ? Quelle assurance et quelle noblesse ! Messire d'Aulon, son ecuyer, m'a assure qu'a Tours, dernierement, elle avait couru une lance avec Monseigneur le duc d'Alencon et que celui-ci etait tout ebaubi de son adresse. N'est-ce pas etrange ?
Mais la bonne dame aurait pu discourir longtemps encore sur les singularites de Jehanne, Catherine ne l'ecoutait qu'a peine. Toute son attention etait tendue vers une voix masculine, montant de l'etage inferieur : une voix a la fois rude et chaude qui faisait passer des frissons sous sa peau. Lorsque son hotesse se retira, la laissant seule a nouveau, Catherine sentit retomber sur elle la lourde chape de peine et de desespoir qu'elle trainait depuis sa liberation. Il etait bien difficile de prendre une decision saine. Aurait- elle jamais le courage de s'arracher d'Arnaud, de s'eloigner de lui definitivement?
Au matin, Catherine qui, ecrasee de fatigue, avait dormi de longues heures sans meme s'en apercevoir, fut reveillee en sursaut par une voix qui, dans la rue, jurait et sacrait effroyablement. Croyant bien reconnaitre cette voix, elle sauta a bas de son lit et, pieds nus, courut a la fenetre, se pencha. C'etait bien Arnaud. Plante devant la maison, en armure, son casque sous le bras, il se disputait avec le tresorier Jacques Boucher. Tous deux criaient si fort que, tout d'abord, Catherine ne comprit rien a ce qu'ils se disaient, mais on faisait cercle autour d'eux. Boucher, les bras ecartes, avait l'air de barrer le chemin au capitaine.
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